Quand on n’a qu’un marteau, tous les problèmes deviennent des clous !

J’ai souvent médité sur cette phrase en cherchant en quoi elle peut s’appliquer dans nos vies de tous les jours.

J’ai imaginé une nouvelle espèce d’humain en forme de marteau. En effet je l’ai vu très à l’aise quand il fallait enfoncer des clous au mur ou des poteaux de clôture. J’ai souffert avec lui quand il devait manger sa soupe, ou embrasser sa femme. Et malgré mon imaginaire je n’ai pas trouvé de façons de faire pour une multitude de nos actions quotidiennes, faciles aux gens armés de mains et de toutes sortes d’ustensiles, mais pas pour lui. Quand on n’a qu’un marteau ou quand est un marteau, on ne peut communiquer qu’en présence de clous car le langage des cuillers et des fourchettes nous est à jamais inconnu.

C’est ici que j’en viens à remettre à l’endroit la description de ce grave handicap. Le marteau est bien, dans mon cerveau, quelque part au milieu de  tous mes autres fantômes auxquels je crois. Si je me sers d’idées fausses pour résoudre mon problème, je ne ferai que l’aggraver. Je serai malheureux de ne pas avoir d’autres outils car je ne sais pas encore que j’en ai plein d’autres cachés dans la malle de mon cognitif. Si je veux graver le Mont Blanc, ce n’est pas le bon chemin de  partir à la nage de Brest.

Ce problème n’a pas de solution sans un changement radical de ma façon de l’aborder, sans un recadrage au sens de Palo Alto. Je ne change pas  le problème mais juste la façon de le  comprendre, et la façon de le délimiter, de le cadrer pour qu’il m’apparaisse tout différent. En fait, ce que je peux comprendre, ce que je peux même apercevoir dépend d’un stock invisible à mon esprit de tout ce que j’ai amassé au fil du temps,  que j’ai en moi et qui m’empêche de voir autre chose. Je sais donc très bien me servir de mon marteau mais d’aucun autre outil, et si  on me donne un tournevis je pesterai car c’est un très mauvais marteau.

La question est : peut-on dessiner 4 lignes pour rejoindre les 9 points sans jamais passer par le même point 2 fois !

Faisons appel à la méthode dite d’analyse Relationnelle et cognitive et cherchons où peuvent bien se cacher les origines ce type de problème. Si je crois que tous les problèmes sont des clous, je vais agir toujours de la même façon, quel que soit le problème à traiter. C’est ce que font toutes les personnes, coachs, thérapeutes de tous poils quand ils continuent à travailler avec des outils de l’ancien temps.

Voici, entre autres, deux  croyances fausses qui m’ont conduit à cette impasse :

  1. Je crois que les problèmes que je rencontre dans ma vie sont extérieurs à moi et je l’exprime ainsi : « C’est la faute de… », « Ah si tu n’étais pas aussi… » ou pire : « La vie ne m’a pas fait de cadeau !’. La vie, mais c’est qui la vie ? Les autres ? Toi ? Alors, on voit qu’on ne peut pas changer la vie, sans changer les autres et qu’on ne peut pas changer les autres sans savoir comment ils fonctionnent. C’est toujours en changeant ma propre compréhension des évènements et par ricochet, en changeant mes actions, que je vais pouvoir  éviter, ou mieux, résoudre tous mes problèmes relationnels, ce qui est recadrage,
  2. Je crois qu’il n’y a qu’une bonne façon de résoudre un problème et je pense qu’il faut donc que je l’applique à toutes les circonstances. Je fais donc toujours plus de la même chose, qu’il s’est avéré une fois que cela a été un succès. Faux ! Et par la même occasion je pense que si ma façon de faire est mauvaise, il faut que je fasse l’inverse. Comme les parents qui essaient l’autorité pour éduquer leur progéniture et comme ça ne marche pas, tente ensuite la souplesse, et les laisse faire tout ce qu’ils veulent, et ça marche encore moins… Il y bel et bien plusieurs sortes de clous. Ici nous rencontrons la généralisation,  et le fait que définir un problème en termes abstraits ne peut en aucun nous aider à le résoudre, car les problèmes relationnels sont de concrets. Et les techniques générales de ce que doit être une bonne éducation tombent toujours à côté faute d’avoir été précisées en fonction d’un environnement donné. Ici généraliser et faire toujours plus de la même chose, ce qui est manque de variété de comportements, nous conduisent tout droit aux échecs répétés.

Une action donnée, envers une autre personne pour avoir un impact dans le sens que nous souhaitons doit obéir à un certain nombre de conditions dont voici quelques unes :

  • Avoir appris à définir des parcours entre le départ et l’arrivée, pour mesurer la longueur du parcours pour arriver au but,
  • Avoir tracé plusieurs itinéraires et prévu des étapes de repos, pour pouvoir s’adapter aux réactions des autres, toujours plus ou moins imprévisibles,
  • Avoir acquis une  souplesse et un détachement suffisants, pour pouvoir dans l’action même, choisir le bon comportement et l’exécuter à la perfection,
  • Avoir répété et acquis, pour chaque type de séquences de comportements, quelques variantes à produire en fonction de celle qu’aura produit l’autre. Avoir toujours à l’esprit et prêts à être pratiquées, les N variantes de toute action qui vous semble possible. C’est le plus difficile mais cela ne demande en fait que d’avoir observé suffisamment les habitudes des gens, et avoir su analyser leurs habituelles programmations relationnelles.


C’est ce que nous appelons dans notre jargon de l’AR (Analyse Relationnelle) : s’adapter aux modes de penser des autres pour ensuite les changer de l’intérieur. Ce qui est un vrai changement de soi-même et des autres sans avoir à traiter le problème lui-même, sans avoir  débattre de nos opinions.

L’Analyse Relationnelle et partant la Nouvelle Culture et tous ses rejetons obéissent à l’idée mère que si tous les humains pouvaient apprendre cela, toutes les relations ne pourraient plus être conflictuelles. Du moins si le conflit et aussi un conflit d’idées et d’opinions tout simplement parce que les  pratiquants de ces méthodes ont appris à s’en débarrasser.


Un sage Zen disait que les opinions sont comme des lourdes valises lourdes : elles ralentissent notre marche !

Choisir le bbn chemin

L’important pour changer et devenir léger, et se débarrasser de ses clous est de bien dessiner le chemin, en regardant où l’on met ses pieds, en laissant les autres regarder les nuages des croyances et des jugements inutiles.

Ainsi soit-il ?


Pierre RAYNAUD
Author: Pierre RAYNAUD

Laisser un commentaire